Affichage des articles dont le libellé est Ciné. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Ciné. Afficher tous les articles

mardi 28 octobre 2014

À Rennes, cinq astuces pour aller au ciné sans se ruiner

"Je ne vais plus au ciné, c'est trop cher". Cette phrase, je l'entends souvent. C'est compréhensible. Aujourd'hui, une place plein tarif au Gaumont s'élève à 10,10 € ; au Cinéville, à 8,50 €. Même à l'Arvor et au ciné TNB, petits cinémas (en taille) classés art et essai, il faut quand même débourser respectivement 8,20€ et 8 €. Ça fait mal.
Mais l'argument ne tient plus quand on fouine un peu. Rennes recèle une kyrielle de bons plans pour se faire une toile à pas cher.


5 € les six mois de cinoche

Cette excellente affaire est proposée par l'association Cinémaniacs, le ciné-club de l'université Rennes 1. Seule condition pour en profiter : adhérer à l'association, 5 € le semestre . " A l'heure où les multiplexes envahissent le paysage, il s'agit de rendre accessible le cinéma d'auteur", argue l'asso.

Tous les mardis, à 20 h 30, a lieu une projection, en 35 mm, en version originale, au Diapason. La salle culture du campus de Beaulieu peut accueillir jusqu'à 500 personnes.

La programmation est variée mais exigeante. Et ne concerne que les films sortis du circuit commercial, c'est-à-dire qui ne passent plus en salles depuis au moins un an.
D'ici décembre, on pourra voir :


Renseignements : www.cinemaniacs.fr


20 € pour 48 séances

Profitez de ce bon plan au ciné Tambour. Payez 20 € par an (48 séances) ou 5 € par demi-semestre (12 séances).
La salle, d'une capacité de 254 places, est hébergée par l'université Rennes 2, sur le campus de Villejean.

Chaque mercredi soir, deux séances sont programmées à 18 h et 20 h 30. Les films sont précédemment présentés par un enseignant, un étudiant ou intervenant extérieur. Il arrive aussi que des réalisateurs ou acteurs viennent rencontrer le public après les projections.

La saison, bâtie par les enseignants en cinéma, l'association Scèn'art et le service culturel de l'université, compte près de 50 films : fictions ou documentaires, courts ou longs-métrages, contemporains ou classiques.
A chaque soirée, sa thématique. Laquelle tourne autour d'un pays, un réalisateur, une époque, un genre, etc.
Par exemple, d'ici décembre : le 5 novembre, soirée "Documentaires d'hier et d'aujourd'hui", avec Pour la suite du monde, à 18 h et Quand je serai dictateur, à 20 h 30 ; le 19 novembre, soirée "Expérimental", avec une projection-conférence de neuf cinéastes contemporains, à 18 h et, à 20 h 30, Le Samouraï, de J-P Melville ; le 10 décembre, soirée "Comédies", avec Le Soupirant, de P. Étaix, à 18 h et, à 20 h 30, The shop around the corner, de E. Lubitsch.

Le Soupirant, de Pierre Étaix


Renseignements et programmation : www.univ-rennes2.fr

Projections gratuites

L'association Comptoir du doc offre l'occasion, comme son nom l'indique, de voir ou revoir un documentaire. La plupart des séances sont gratuites.
Elles prennent place aux Champs Libres (une fois par mois), dans les bars et salles de quartier de Rennes et ses alentours.
A venir : le 4 novembre, courts métrages, au bar le Mod Koz, à Rennes ; le 5 novembre, Examen d'état, au centre culturel d'Iffendic ; le 8 novembre, L'Harmonie, à la médiathèque de Pacé, etc.

Renseignements : www.comptoirdudoc.fr

Comptoir du doc aux Champs Libres (Archive)

Chaque dimanche, le musée de Bretagne, implanté dans les Champs Libres (équipement multi-culturel rennais), projette un documentaire produit dans la région, suivi d'un débat avec le réalisateur.
Les films parcourent le monde pour raconter un parcours extraordinaire, dénicher une histoire insolite ou encore dévoiler une faille de notre société.
Exemples ? Le 16 novembre, Solovski, la bibliothèque disparue : qu'est devenue la bibliothèque du goulag des îles Solovski ? L'écrivain Olivier Rolin a enquêté. Le 14 décembre, Jasmine utilise des personnages animés pour raconter une histoire du passé : celle d'un amour entre le réalisateur et une jeune Iranienne.
Gratuit. Réservation fortement conseillée au 02 23 40 66 00.

Renseignements : www.musee-bretagne.fr

La fidélité récompensée

Dans tous les cinémas rennais, il est possible de profiter de tarifs avantageux. Notamment grâce au programme de fidélités.
Au ciné TNB, la carte de cinq places coûte 27 €.
À l'Arvor, c'est 29,5 € le carnet de cinq tickets ; 53 €, le carnet de dix.
Au Gaumont, la carte Pass donne un accès illimité aux séances pour 21,90 € par mois.
Au Cinéville, la carte Ciné-Liberté, pour 16 € par an, donne droit à un tarif réduit pour tous les films.


Moins cher le matin

Au Gaumont, la place est à 6,90 € avant midi. 
Au Cinéville, c'est 4,80 € le matin et le jeudi toute la journée. 
Au ciné TNB, le droit d'entrée s'élève à 6,50 € le mercredi. 
À l'Arvor, la séance de 11 h coûte 4,60 €.

On évoquera aussi rapidement les tarifs réduits, dans toutes les salles, réservés aux moins de 14 ans (4 €), étudiants, seniors et demandeurs d'emploi. 
Enfin, les détenteurs de la carte Sortir ! ne payent que 4 € la séance à l'Arvor et au ciné TNB.

Renseignements : Gaumont Rennes ; l'Arvor ; ciné TNB ; Cinéville Rennes

mercredi 22 octobre 2014

Rapide florilège des derniers films à voir ou pas.

Pride 



Synopsis : Eté 84, alors que Margaret Thatcher est au pouvoir, les mineurs votent la grèvent. Un groupe d'activistes gay et lesbien décident de les soutenir financièrement. Mais le milieu minier, encore très conservateur, a du mal a envisager ce genre d'entraide.

Euphorisant ! Si vous êtes déprimés, jetez-le Prozac et courrez-voir ce film. Une thématique sociale à la Ken Loach, mais un Ken Loach qui aurait pris de la coke. Superbe bande-son, c'est drôle, dynamique, avec des élans d'émotions. J'avoue, j'ai pleuré. Les cérébraux diront que c'est too much.

Mommy



Synopsis : Une femme doit élever seule son fils, un adolescent diagnostiqué hyperactif. Bien que soudé par l'amour, le duo souffre des accès de violence qui émanent du fils. L'aide de l'énigmatique voisine insufflera un nouvel espoir.

Malgré quelques longueurs, l'ingénieux Xavier Dolan ne déçoit pas. Le soir où je suis allée le voir, mes voisins de rangée ont tous versé leur larme, mais pas au même moment.
Difficile de ne pas être touché par le sujet : une tragique histoire d'amour entre une mère et son fils. Il y a notamment une scène vers la fin, qui, parce qu'elle est inconcevable, retourne les entrailles.
Il y a aussi tous ces moments où rien que la musique, la force des relations, la joie qui se dégage, titillent nos émotions.

Gone Girl 



Synopsis : A l'occasion de son cinquième anniversaire de mariage, Nick Dunne signale la disparition de sa femme, Amy. Mais ses mensonges et son étrange comportement amènent tout le monde à s'interroger : a-t-il tué sa femme ? Le couple était-il si parfait qu'il le laissait paraître ?

David Fincher livre une oeuvre délicieusement machiavélique, extrêmement bien construite. Il critique, avec noirceur et violence, le mariage. L'hypermédiatisation en prend aussi pour son grade, avec humour et ironie.
Les 2 h 30 passent vite. L'intrigue enchaîne les surprises, et nous plonge toujours plus loin dans la cruauté.

Samba 



Synopsis : Samba, Sénégalais en France depuis 10 ans, essaye par tous les moyens d'obtenir des papiers ; Alice est cadre supérieur, épuisée par la dépression.  Leur destin vont se croiser au sein d'une association d'aide aux immigrés.


Après avoir lu la critique de Télérama, "le film manque de rythme", j'y suis allée avec tant de réserve, que je ne le jugerais pas si mauvais.
Attention, ce n'est pas le film de l'année, loin de là. À aucun moment je n'ai été touchée. Alors que Charlotte Gainsbourg, bien qu'excellente techniquement, reste un glaçon, Izia Higelin en fait trop. Quant aux réalisateurs d'Intouchable, Toledano et Nakache, ils ne parviennent pas à transposer le difficile quotidien des immigrés.
Ce qui sauve largement le film, c'est l'attachant duo Omar Sy - Tahar Rahim : invariablement poilant.



dimanche 7 septembre 2014

Film. Trois bonnes raisons de voir, ou pas, Hippocrate

Réalisé par Thomas Lilti (Mariage à Mendoza, Les Yeux bandés)
Avec Vincent Lacaoste, Reda Kateb, Jacques Gamblin
Résumé : Benjamin va devenir un grand médecin, il en est certain. Mais pour son premier stage d'interne dans le service de son père, rien ne se passe comme prévu. La responsabilité est écrasante, son père est aux abonnés absents et son co-interne, Abdel, est un médecin étranger plus expérimenté que lui. (Source : Allociné)

Note : 3,5 / 5


Les premiers jours d'un interne


Des acteurs bien dans leur blouse

 Avec sa gueule de jeunot, ses airs d'enfants boudeurs, Vincent Lacoste colle parfaitement au personnage de Benjamin : le jeune interne qui voulait se faire aussi gros qu'un médecin. La réalité va lui mettre plus d'une claque.
Je remettrais la palme à Reda Kateb. Charismatique et ténébreux, il nous envoûte. Il incarne avec force cet interne à part. Abdel est un bosseur acharné, un passionné désabusé. Arrivé d' Algérie, où il a obtenu son diplôme de médecine, il ne peut exercer en France sans avoir repasser une équivalence : un parcourt du combattant qui ne tolère aucune bévue.

Microscope sur le monde médical

 Impossible de reprocher à Thomas Lilti de ne pas connaître son sujet. En plus d'être réalisateur, il continue à pratiquer la médecine. L'atmosphère hospitalier est retransmis avec réalisme. Le plus marquant reste le devoir de déférence envers les "séniors", comme à l'armée.
Revers de la médaille, à trop avoir le nez dedans, Thomas Lilti en profite pour régler ses comptes avec un milieu visiblement loin d'être idyllique: erreur médicale camouflée, restrictions budgétaire abusives, horaires de travail surhumain, hypocrisie sur l'euthanasie, etc.
C'est trop attendu et entendu.
Intéressant néanmoins de rendre hommage aux médecins étrangers. Bien que diplômé dans leur pays, ils rament pour exercer en France. Ils sont souvent corvéables et mal payés.

Excellent Reda Kateb


Shoot de Guronsan

 On est secoué dès le début par une ponction lombaire vue de très, très près. Les scènes s'enchaînent sur un rythme soutenu, celui que vit l'hôpital au quotidien : l'alcoolique en crise de manque, les soirées arrosées des internes, la famille du malade qui râle, la grève...
Sans tomber cependant dans l'agitation surdosée de la série Urgences.
La dernière partie perd un peu en efficacité


mercredi 27 août 2014

Sils Maria. L'actrice peut-elle vieillir sans disparaître?

Sils Maria. Olivier Assayas a choisi de mettre l'actrice au centre de son film. Laquelle serait plus que jamais confrontée au temps qui passe. Vieillir ne serait-ce pas disparaître de la scène théâtrale et médiatique ? Au coeur de cette question, une trio de femmes magistralement interprété par de grandes actrices.


Réalisé par Olivier Assayas (Carlos ; Clean ; Paris, je t'aime)
Avec Juliette Binoche, Kristen Stewart, Chloë Grace Moretz
Résumé : A dix-huit ans, Maria Senders a connu le succès en incarnant Sigrid, jeune fille ambitieuse au charme trouble qui conduit au suicide une femme plus mûre, Helena. Vingt ans plus tard, on lui propose de reprendre cette pièce, mais cette fois de l'autre côté du miroir, dans le rôle d'Hélène.




Le temps qui passe


Maria Senders (Juliette Binoche) s'est transcendée à interpréter la jeune Sigrid, qu'elle voyait comme l'incarnation de la désinvolture, de la liberté.  Seulement, quand vingt ans plus tard, on lui propose de jouer la même pièce, mais dans la peau de la femme mûre, ça bloque. Elle n'aime pas ce personnage d'Hélèna, qu'elle juge "compassée" et "faible".
Mais ne rejette-t-elle pas ce rôle parce qu'elle même se sent vieillir et dépassée par la nouvelle génération  ? D'autant que, dans sa vie privée, elle se sent attirée et dominée par sa jeune assistante, Valentine (Kristen Stewart).

Une médiatisation hyper-connectée

D'après le film, les médias régenteraient plus que jamais la notoriété d'une actrice. A notre époque hyper-connectée, chacun de leur faits et gestes atterrit fissa sur Google.
Maria Senders n'est plus dans le coup. Certes, elle répond bien sagement à une interview radio, participe à une séance photo programmée, mais le public ne s'en contente plus.
Les spectateurs ont soif de scandale. Jo-Ann Ellis (Chloé Grace Moretz), la jeune actrice qui incarnera Sigrid, l'a bien compris. Elle arrive défoncée dans une émission populaire, se fait arrêter publiquement pour alcoolémie, couche avec un célèbre romancier déjà marié. Des images qui tourneront en boucle sur Youtube et attireront sans relâche les paparazzis.




Remarquables actrices

Par un casting irréprochable, Sills Maria honorent son trio d'actrices. Juliette Binoche, qui présente un jeu d'une incroyable finesse, ne craint pas, afin de contraster avec la jeune première, de se montrer sous un jour peu favorable : pas maquillée, cernée, ridée.
Dans la peau de l'assistante de Maria, Kristen Stewart détonne par rapport à ses rôles précédent. Avec une allure et une gestuelle masculine, elle parvient à créer l'ambigüité quand à sa préférence sexuelle.
Chloé Grace Moretz, dans le rôle de la jeune actrice Jo-Ann Ellis, joue aussi bien la délurée que l'élégante.








lundi 18 août 2014

Film. Le Beau monde ou Alice au pays des bourgeois


Le Beau Monde 
Réalisé par Julie Lopes-Curval (Mères et filles, Toi et moi, Bord de mer)    
Avec Ana Girardot, Bastien Bouillon, Baptiste Lecaplain, Aurélia Petit...
Résumé Alice, 20 ans, vit à Bayeux. Elle travaille la laine, crée des teintures, confectionne des vêtements. Elle ne sait que faire de ce talent inné, jusqu'à ce qu'elle rencontre Agnès, une riche parisienne, qui l'aide à intégrer une prestigieuse école d'arts appliqués. Alice laisse tout derrière elle pour aller vivre à Paris. (Source : Allociné)    


Peinture sociale

La différence de classe sociale, autrement dit le fait que l'on soit issu d'une famille riche ou pauvre, détermine notre parcours scolaire et professionnel. Dit comme ça, le propos du film paraît banal. Si ce n'est qu'il a l'originalité de se focaliser sur le milieu artistique.
Alice rêve d'oeuvrer dans la mode. Mais elle part de loin. Ou plutôt d'un milieu modeste. Elle vit dans un petit appartement de banlieue avec sa mère. Laquelle se bat pour récupérer une prime de licenciement. Manon, sa meilleure amie, travaille dans un salon de beauté, et cite davantage Marc Lévy que Marcel Proust.



Un milieu insidieusement cruel

Tandis qu'Alice travaille dans un salon de thé, le hasard met Agnès sur sa route. La bourgeoise vit dans un château et ne semble pas avoir besoin de travailler. Elle va aider la jeune fille à intégrer "le beau monde" : une école d'art prestigieuse de Paris. Mais, et c'est à partir de là que le film devient vraiment intéressant, intégrer le beau monde n'est pas se faire accepter.
Malgré ses efforts, Alice rame. Alors qu'elle montre l'oiseau qu'elle a tricoté, sa prof lui enjoint à sortir du style "Modes et Travaux". Un autre enseignant moque la rose qu'elle a brodée : belle mais insipide. La provinciale a dû mal à suivre, quand ses camarades, visiblement sortis de la crème de la crème, citent Brancusi ou s'élèvent dans des considérations philo-artistiques.
D'après la réalisatrice, le milieu artistique serait, mine de rien, favorable à la "classe dominante", pour citer Bourdieu. Et son constat est aussi cruellement fataliste que le sociologue a été déterministe.

Aimer l'autre différent

Le plus bouleversant dans le film émerge quand cette inégalité sociale se manifeste aussi dans l'amour. Alice va vivre une histoire passionnée avec Antoine - brillant Bastien Bouillon, déjà remarqué dans 2 automnes, 3 hivers - , fils d'Agnès. Evidemment, tout les oppose. Elle galère pour réussir, lui, tout lui tombe tout cuit dans la bouche. Il veut se lancer dans la photo ? Tandis que sa mère lui propose immédiatement des contacts de magazines, un ami lui offre la possibilité d'exposer dans une galerie. Elle est fragile, il a confiance en lui. Fascinée et même envieuse de cet homme qui possède tout ce qu'elle n'a pas, elle va se perdre dans cette relation.

Une réussite

Au final, Le Beau monde parvient à rendre attrayant un sujet sociologique. Même à nous émouvoir. Et ce, malgré quelques maladresses. Les grandes ellipses, qui certes dynamisent le rythme, perdent le spectateur. Ana Girardot est pleine de charme mais son jeu manque parfois de sincérité et de consistance.














mercredi 13 août 2014

Film. New-York Melody, chanson plaisante ou lamento grotesque ?

Réalisé par John Carney (Once, La Vie à la folie...)
Avec Keira Knightley, Marc Ruffalo, James Corden, Hailee Steinfeld...
Genre : romance musical assumée
Résumé : Gretta et son petit ami Dave viennent de débarquer à NYC. La ville leur offre la possibilité de vivre pleinement leur passion : la musique. Le rêve va se briser et l'idylle voler en éclat quand, aveuglé par la gloire naissante, il va la plaquer pour une carrière solo et... une attaché de presse.
Ses valises prêtes et son billet pour Londres en poche, elle décide de passer une dernière nuit à New-York. 
(Source : Allociné)



Chanson plaisante...

Pas si prévisible
New-York, dans un café-concert. Sur scène, un guitariste pousse la chansonnette. Après les applaudissements, il invite sa meilleure amie Gretta - Keira Knightley -, qui semble tourmentée, à venir interpréter une de ses compositions. Elle finit par accepter. Alors qu'elle chante avec mélancolie une tragique histoire d'amour, qu'on devine la sienne, Dan - Marc Ruffalo -, venu se soûler pour oublier ses soucis, il vient de perdre femme et travail, tombe sous le charme.
A partir de là, on se doute que d'une manière ou d'une autre, l'amour finira par triompher. L'histoire, néanmoins plus complexe qu'attendu, réserve quelques surprises.
`
La musique apporte un supplément d'âme.
Dan est un découvreur et producteur de jeune musicien, dont l'ingéniosité est gâchée par ses tourments. Gretta cache un talent certain de chanteuse-compositrice. Leur rencontre engendrera un audacieux projet artistique. Grâce à cela, ajouté à une critique sous-jacente, certes sommaire, de la marchandisation de la musique, l'intrique ne se résume pas à une simple histoire d'amour.
Fâché avec son collaborateur, avec qui il a crée une maison de disque, Dan va convaincre Gretta d'enregistrer son album de ballades pop-folk en dehors d'un studio d'enregistrement. Même si on doute que dans la réalité cela soit aussi facile, on les envie de pouvoir enregistrer dans un salon, dans les rues new-yorkaises, où ils invitent au passage des gamins à faire les choeurs, sur le toit d'un building qui donne accès à une magnifique vue sur la ville.

Des personnages secondaires réussis
Steve, Violet, Saul, Troublegum...Ils enrichissent un quatuor amoureux - Dan, Gretta et leur ex respectif - qui, seul, pourrait être barbant.
Steve, guitariste et célibataire endurci, console son amie Gretta, qui vient brutalement de se faire larguer par Dave, à coup de blagues maladroites, de razzia de Whisky et de chansonnettes. On rêverait avoir le même allié pendant ces durs moments...
Violet est l'unique raison de vivre de son père. Mais, l'ado considère Dan comme un looser, depuis qu'il picole comme un trou, et le provoque en brandissant une tenue vestimentaire plus que légère.
Il y a aussi Saul, le producteur aux ambitions acérées, et Troublegum, le cliché du rappeur bling-bling   mais généreux.



Lamento grotesque

Ressorts sensationnalistes
Cela reste une bonne comédie dramatique américaine, et tout ce que cela suppose : ces moments emphatiques destinés à nous émouvoir. En l'occurrence, on n'échappe pas aux complaintes larmoyantes, à la soudaine révélation musicale, à la bouleversante solidarité...
Mais, avouons-le, on a failli pleurer quand un des amants (on ne dira pas qui) demande à sa belle de revenir, en chanson et sur scène.

Insupportable Keira Knightley
Elle ne peut s'empêcher d'exagérer ses expressions. Elle grimace quand elle se fait larguer, sourit comme une jument quand elle est charmée, minaude quand elle chante, etc. Déjà, dans A Dangerous method de David Cronenberg, il était incommode de regarder l'écran tellement son interprétation d'une hystérique apparaissait outrancière. On est gêné pour elle.

Verdict : Certaines envolées lyriques alourdissent la chanson plaisante


mardi 5 août 2014

Film. La Planète des singes : l'affrontement, un film à pleurer

La Planète des singes : l'affrontement : Affiche

Par...Math Reeves (Cloverfield, Laisse-moi entrer, etc)
Avec...Andy Serkis, Jason Clarke, Gary Oldman, Keri Russell, Toby Kebbell... 
Pitch... Une nation de plus en plus nombreuse de singes évolués, dirigée par César, est menacée par un groupe d'humains qui a survécu au virus dévastateur qui s'est répandu dix ans plus tôt.

La Planète des singes : l'affrontement : Photo

C'est raté...
Des larmes et encore des larmes. Ne vous amusez pas à compter le nombre de fois où elles sont versées, vous louperiez le film. Pour ce qu'il en reste...Rien qu'Elie - très mal jouée par Keri Russel, comme la plupart des second rôles - pleure sa fille, pleure la peur de perdre son compagnon, pleure les retrouvailles avec son-beau-fils, pleure l'amitié avec les singes, etc. Mais ne parvient pas à nous émouvoir.
Tout comme la musique, une bande-son piochée dans divers blockbusters à sensation. Laquelle, au lieu d'accompagner le défilé d'actions, ne fait que l'exagérer jusqu'à l'écoeurement
Chez les singes, cet excès de sentimentalisme devient même gênant. Cela rappelle le condescendant mythe du bon sauvage. Lequel idéalise les êtres vivant dans la nature. Les singes n'ont ni eau, ni électricité mais ils possèdent des valeurs honorables : la famille, la paix, l'amour du prochain. Jusqu'à tomber dans le ridicule : "Toi, être mon frère", "Toi, être mon fils", "Toi, être mon ami", etc.
Au contraire les êtres civilisés, en l'occurrence les survivants américains, ne cherchent que le pouvoir et l'argent. Et par la force des choses, à corrompre le peuple innocent des singes.
Idée simpliste. Cette idée domine malgré quelques tentatives du réalisateur d'en sortir - trahison chez les singes, collaboration hommes-singes. Dommage, car le moment le plus intéressant du film, d'un point de vue sensationnel et esthétique, est quand les singes, assoiffés de vengeance, attaquent les hommes.

Mais...
Suspense. Contrairement à ce que peuvent dénoncer les critiques, je n'ai pas trouver l'intrigue imprévisible. La tournure que prenaient les événements m'a déroutée plus d'une fois.

 La Planète des singes : l'affrontement : Photo


mardi 29 juillet 2014

Film à voir. Laissez le Maestro vous transmettre sa sagesse !

Cette comédie dramatique sied merveilleusement à l'été : éthérée, lumineuse et bucolique. Relevée par le joli duo maître élève, alias Michael Lonsdale et Pio Marmaï.

 Maestro : Photo Michael Lonsdale, Pio Marmai

Par... Léa Fazer (Cookie ; Ensemble, c'est trop)
Avec...Michael Lonsdale, Pio Marmaï, Déborah François, Alice Belaïdi, etc
Pitch : Henri, un jeune acteur qui rêve de jouer dans Fast & Furious, se retrouve engagé dans le film de Cédric Rovère, monstre sacré du cinéma d’auteur. Les conditions du tournage ne sont pas tout à fait celles auxquelles il s’attendait…
L'histoire est à l'origine basée sur une idée de Jocelyn Quivrin , s'inspirant de la propre expérience de ce dernier chez Eric Rhomer en 2007

On y court...

Rien que pour Michael Lonsdale. Il incarne à merveille le maître, Cédric Rovère, qu'on rêverait tous d'avoir : sage, érudit, empathique. Des qualités qui, ajoutées à un léger affaiblissement dû à l'âge - 84 ans -, le rendent terriblement attachant.
On écoute avec délices ses conseils sur le jeu d'acteur : ne surtout pas jouer le texte mais se laisser emporter par lui.

Le duo qu'il forme avec l'élève Henri, charmant Pio Marmai, parvient à nous émouvoir. On verserait même quelques larmes quand l'apprentit chavire après que son aîné lui eut confié qu'il croit en son talent d'acteur. Et ce, malgré ses nombreuses errances. Dommage que cette relation ne soit pas plus approfondie. En dépit de la sincérité des acteurs, on a, de ce fait, du mal à y croire. 

Dans une climat bucolique et a priori détendu, Maestro distille son propos. On voit l'assistante du metteur en scène compter ses sous, grappiller les dernières bandes, paniquer à l'approche des derniers jours de tournage alors que le budget s'épuise. Sous entendu qu'il est de plus en plus difficile de financer un film d'auteur. Pour autant, la réalisatrice, Léa Fazer ne cède pas au passéisme facile. Elle se moque aussi avec humour, de cette élite parfois ringarde et complètement retirée de la réalité. Comme cet acteur qui, pour conserver son égo, a refusé un rôle dans un film de Spielberg  
D'ailleurs, comme le montre l'humble maestro, il n'est pas nécessaire de crouler sous l'argent pour réaliser une oeuvre exigeante. Son adaptation de l'Astrée, de par ses imperfections et sa pureté, n'en ressort que plus authentique et poétique.

Dommage...

On se serait bien passé de certaines blagues. Les pitreries d'Henri et son compère Nicoballon alourdissent une oeuvre qui se déguste comme un sorbet à la fraise.


Maestro : Photo Michael Lonsdale








mercredi 16 juillet 2014

Du goudron et des plumes

Du goudron et des plumes : Photo Daniel Prévost, Sami Bouajila 

 Un film léger comme une plume


Par qui ? Pascal Rabaté ( Ni à vendre, ni à louer ; Les Petits ruisseaux ; Louise Michel )

Avec qui ? Sami Bouajila, Isabelle Carré, Daniel Prévost, Zinedine Soualem, Talina Boyaci...

Quoi ? Comédie décalée avec quelques "faux" élans dramatiques

Pour qui ? Un film qui ne prends pas la tête en ce mois de juillet. Pour les fans aussi du personnage récurrent d'Isabelle Carré : délicat, réservé, joliment gauche.

Pitch : Christian, divorcé et commercial aux petites combines, n'a d’autre joie que sa fille de 12 ans.
Par amour pour elle et pour racheter tous ses petits mensonges, il accepte de participer au Triathlon de l'été. Rencontre sportive télévisée qui fait la fierté de leur ville, Montauban. Le jour où il rencontre Christine, mère célibataire et enceinte, tout semble concorder pour que Christian prenne un nouveau départ …

J'ai aimé : C'est drôle, léger. On s'identifie forcément au personnages Qui comme Christian n'a jamais eu peur de s'engager ? Qui comme Christine n'a jamais enchaîné les relations avec des "planches pourries" ? On s'attache particulièrement à l'élégante gaucherie de Christine
Le film trouve son charme dans les invitations poétiques. Prêtez attention aux sculptures qui ornent les ronds-points et aux téléviseurs du père de Christian ! Ou encore dans  ses quelques scènes à l'humour décalé. Mention spéciale aux frères agriculteurs ( dont un est joué par Gustav Kervern). Les compères ont inventé un domino foireux avec des roues de tracteurs et censé dégommer au final un carré de sucre .

Mais...Pascal Rabaté veut aborder plusieurs sujets : divorce, instabilité, dépression, racisme, chômage, relation père-fille. Il devient alors difficile de cerner le propos de film.
On croit difficilement aux élans dramatiques du film. L'homme est rejeté et même honni par son entourage pour une malheureuse faute professionnelle, qui certes est condamnable mais il y a franchement plus grave.
On peut certes mélanger les genres dans un film  Mais, on a là davantage l'impression que le réalisateur n'a pas su choisir entre comédie et drame, réalisme et poésie, humour franc ou décalé

Du goudron et des plumes : Photo Isabelle Carré

jeudi 9 janvier 2014

Yves Saint-Laurent, de Jalil Lespert

Film raté : le couturier perd de sa superbe

 Yves-Saint-Laurent-film-1
Genre : biopic, drame de star

Par qui ? Jalil Lespert (Des vents contraires, 24 mesures)

Avec qui ? Pierre Niney de la comédie française (20 ans d'écart, Comme des frères) , Guillaume Gallienne de la comédie française (Les garçons et Guillaume, à table !), Charlotte Le Bon, Laura Smet

Pour qui ? Ceux qui veulent voir YSL tomber de son trône, les fans de Pierre Niney et Guillaume Gallienne.

Le pitch : Le parcourt d'YSL dans les années 60.  Drogue, timidité, dépression. Tout cela aurait pu empêcher son ascension. Mais, Pierre Bergé, l'amour de sa vie, dirigera sa carrière d'une main de fer.

J'ai pas aimé... Je n'ai pas appris grand-chose. Pourtant, je ne suis pas fan de mode. A la sortie, une impression de vide. L'inconvénient des biopics qui courent sur plusieurs années. Le réalisateur veut aborder plusieurs sujets : homosexualité, guerre d'Algérie, création, amitiés, etc. Il ne fait que les survoler. Certaines scènes sont inutiles. On décroche.
Jalil Lespert désacralise l'homme. Sous l'oeil de sa caméra,  YSL est bien un génie, mais bourré de défauts (faible, lâche, colérique,etc). Résultat : cela entache le grand artiste qu'était le couturier. Je n'attendais pas ça.

Mais...Un grand bravo aux acteurs. Guillaume Gallienne parvient à répugner dans son rôle de Pierre Bergé : autoritaire, pervers.  Pierre Niney est méconnaissable avec sa diction efféminée, sa maladresse. Très bien son tic de remettre gauchement ses lunettes. Charlotte Le Bon est craquante en muse fouteuse de merde.
Techniquement, le grain de l'image est esthétique. Belle palette de couleur. La bande-originale, signée Ibrahim Maalouf, est réussie. Collée à des scènes insipides, elle ne parvient cependant pas à nous émouvoir.