Affichage des articles dont le libellé est Livres. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Livres. Afficher tous les articles

vendredi 2 janvier 2015

Festival Rue des livres. Encore deux mois pour participer au prix des Lecteurs.

Il est encore de participer au prix des Lecteurs, lancé par le festival Rue des livres en octobre. Le principe est simple : lire au moins trois des six livres sélectionnés et voter pour celui que vous avez préféré avant le 1er mars.

Cette année, la liste des romans en lice porte sur la thématique "Album de famille" :

Baignade surveillée de Guillaume Guéraud (Le Rouergue). Un été sur les plages du Cap-Ferret, un jeune couple au bord de la rupture voit débarquer à l'improviste le frère du mari, un voyou ayant accumulé les condamnations...
En cas de forte chaleur de Maggie O'Farrell (Belfond). Dans un Londres écrasé de chaleur, Robert Riordan disparaît. Pour percer le mystère, sa famille devra briser les tabous et les remords qui la désunissent.
L'Été des lucioles de Gille Paris (Héloïse d'Ormesson). Victor, 9 ans, a deux mamans et un papa qui ne veut pas grandir. Le temps d'un été au Cap-Martin, il va découvrir de nombreux secrets et s'éloigner peu à peu du monde de l'enfance.
Un Été sans alcool de Bernard Thomasson (Seuil).  Charles, un homme vieillissant, riche et solitaire, désenchanté et alcoolique, engage un jeune homme pour enquêter sur son père, un résistant mort avant sa naissance.
La Maison Zeidawi d'Olga Lossky (Denoël). Lorsque Fouad débarque au Liban pour signer la vente de la maison Zeidawi, il découvre le pays de ses ancêtres et se lance dans une quête intérieure dont il sort métamorphosé.
L'Ombre de nous-mêmes de Karine Reysset (Flammarion). Trois itinéraires de femmes sur le thème de la maternité, de l'attente infinie, de l'explosion familiale. Alma, incarcérée avec son bébé, écrit des lettres à son ancien compagnon. Lucinda, tombée pour trafic de drogue, se remémore son enfance heureuse. Sarah, fille d'Alma, crie sa détresse sur son blog.

Le bulletin de vote permettra peut-être de gagner un chèque-livre de 30 €, valable sur les stands du festival.
Les auteurs seront présents lors de la remise des prix, le samedi 14 mars.

La huitième édition du festival Rue des livres aura lieu les 14 et 15 mars, au parc des Gayeulles, quartier Maurepas, à Rennes. Débats, cafés littéraires, rencontres avec des auteurs, lectures, représentations théâtrales, projections de films seront au programme. Les habitants du quartier sont intégrés dans la production de l'événement.

Le festival recherche des bénévoles. Pour plus d'infos, rendez-vous le mardi 6 janvier, à 18 h, à l'Atelier culturel de Maurepas ; 11, place du Gros-Chêne, Rennes.

Renseignements : www.festival-ruedeslivres.org





mercredi 15 octobre 2014

Rentrée littéraire. Un Monde flamboyant mais décevant

J'ai adoré les autres bouquins de Siri Hustvedt ( Un été sans les hommes, Tout ce que j'aimais). Mais le dernier, Un Monde flamboyant, m'a grandement déçue.



Il recèle pourtant tous les ingrédients susceptibles de me séduire. Il parle créativité, psychanalyse et féminisme : Harry, ou Harriet, est une artiste contrariée. Elle reste persuadée que si elle était née munie d'un pénis, sa production aurait plus de succès. Pour le prouver, elle va exposer, laissant croire que ses oeuvres ont été crées par des hommes. Mais le subterfuge va virer au drame psychologique.

La construction est ingénieuse. A chaque chapitre, le témoignage - sous forme de lettre, interview, article ou autres - d'un personnage qui a vécu de près ou de loin "l'affaire Harry". Ce qui laisse éclore des points de vue très différents pour une même intrigue. Revers de la médaille, cela engendre redondances et longueurs.

Dans chacun de ses livres, et c'était jusque là très réussi, Siri Husvedt s'évertue a enrichir ses fictions de références intellectuelles. En l'occurrence, pour Un Monde flamboyant, elle s'appuie, entre autres, sur les théories de Freud, Spinoza, Kierkeggard. Des notions solides mais malheureusement trop absconses. Elles perdent le lecteur. Et ce, malgré les annotations en bas de page.

lundi 25 août 2014

Livre. "Comment j'ai appris à lire" excitera-t-il votre envie de lecture ?


Si vous détestez lire, ce récit ne vous guérira pas

Parcours personnel
Il est certes passionnant de découvrir comment une femme, aujourd'hui illustre écrivain mais qui boudait les livres enfant, est parvenue à se passionner pour la lecture. On se dit qu'elle va transmettre le virus. Ce serait trop lui demander.
Le récit raconte un parcours personnel. L'auteur y réalise son auto-psychanalyse. Pourquoi les livres l'ont si longtemps angoissée ? lui donnant une impression "d'annexion, de colonisation des sentiments" ? Comment se fait-il que les classiques lui filaient de l'urticaire ? Alors qu'à l'inverse, les calembours, l'exotisme, l'extraordinaire, la rassuraient.
Comme une enquête, l'écrivain remonte jusqu'à l'enfance - ses origines étrangères, le malheureux passé de ses aïeux, la découverte du sexe opposé - pour chercher les causes de cette étrange "maladie". On suit les étapes de sa "thérapie": symptômes, rémission, "rechute", "guérison".
Une thérapie qui lui est propre et ne pourra évidemment pas s'appliquer à tous les allergiques à la littérature

Fausse modestie
Il serait abusif de dire qu'enfant elle ne lisait pas. Petite, elle se jetait à corps perdu sur la ouvrages humoristiques, fantaisistes et les polars. Ado, elle a dévoré l'oeuvre entière de Camus, Duras et Faulkner. Plutôt pas mal pour quelqu'un qui ne "savait pas lire".
Les véritables non-lecteurs, les phobiques des pages sans images, ne s'y reconnaîtront probablement pas.

Si vous adorez lire, vous vous reconnaitrez

Il faut bien plus qu'une belle histoire pour captiver Agnès Desarthe. Si l'écriture n'est pas ingénieuse, fantasque, elle s'ennuie. Elle est obsédée par "la forme", plutôt que par le fond.
Alors que beaucoup s'éprennent d'intrigues qui se lisent d'une traite, elle adore que les livres lui résistent, que l'auteur laisse poindre une ambiguïté, un sens caché qu'elle s'amuse à déterrer.
Longtemps, l'auteur n'a pas assumé cette particularité. Aujourd'hui, elle l'exploite pleinement puisqu'elle exerce le métier de traductrice.
Les grands lecteurs ne pourront que s'identifier. A force de parcourir les lignes, la sensibilité s'aiguise, l'oeil critique aussi. La performance littéraire devient nécessaire.
Quel bonheur d'écouter le rythme saccadé de Duras, de déguster les calembours et le symbolisme d'Echenoz, d'observer qu'aucun mot écrit par Flaubert n'est interchangeable, de s'abandonner dans le style poétique et incantatoire de Carole Martinez, de débusquer la profondeur humaniste qui se niche sous l'apparent brouhaha des Essais de Montaigne, etc.

Comment j'ai appris à lire, Agnès Desarthe
Quatrième de couverture : « Apprendre à lire a été, pour moi, une des choses les plus faciles et les plus difficiles. Cela s’est passé très vite, en quelques semaines ; mais aussi très lentement, sur plusieurs décennies.
Déchiffrer une suite de lettres, la traduire en sons fut un jeu, comprendre à quoi cela servait fut une traversée souvent âpre, et, jusqu’à l’écriture de ce livre, profondément énigmatique. »
Comment apprend-on à lire ? Comment notre désir de lecture peut-il être entravé ? Comment l’écriture peutelle rendre meilleur lecteur ? Cheminant à travers ses souvenirs, Agnès Desarthe mène une enquête passionnante, puisant au coeur d’un secret : celui de n’avoir pas aimé lire pendant longtemps.


vendredi 1 août 2014

Livre. Tout ce que j'aimais, une plongée perturbante dans le milieu artistique new-yorkais.

 
Tout ce que j'aimais, sorti en 2003, ne fait pas exception dans la bibliographie de Siri Hustvedt -Un été sans les hommes, Élégie pour un Américain, L'Envoûtement de Lily Dahl. L'auteur américaine excelle pour réunir érudition et fiction. Elle part de l'humain, en l'occurrence une histoire d'amitié entre deux couples new-yorkais, pour soulever des questions artistiques et sociétales, plus précisément, ce qui touche aux désordres psychologiques.


Sur 453 pages, on plonge dans le milieu artistique et élitiste de New-York. Sur deux décennies, des années 70 à 90, on s'engoue pour la vie de deux couples qui se lient d'amitié jusqu'à la fusion. A part Bill Wechsler., fameux artiste contemporain, Léo, Erica et Violet sont universitaires. Malgré un cadre de vie idyllique, ils n'échappent pas aux problèmes du commun des mortels : divorce, deuil, maladie, etc.

Réflexion passionnante sur l'art

Léo est professeur d'histoire de l'art . Les oeuvres de son ami Bill, personnalité mystérieuse et hédoniste, vont le captiver, jusqu'à en faire les objets de ses écrits universitaires. Des questions émergeront : dans quelle mesure l'artiste apparaît-il dans son oeuvre ? Peut-on, à partir d'une oeuvre, décoder tout ce qu'à voulu exprimer le créateur ? En somme, des interrogations qui divisent régulièrement les intellectuels
Dommage, néanmoins, dans un élan presque naturaliste, l'auteur a tendance à perdre son lecteur lorsqu'elle décrit longuement les créations de Bill. L'art n'est pas fait pour s'apprécier sur le papier.

L'autre problématique surgit alors que Léo est confronté à Teddy Giles. L'artiste, parangon de la provocation, jouit de choquer ses spectateurs. Multipliant les expositions où sont réunis faux cadavres, sexe et armes.  Siri Husvedt nous interroge : peut-on tout accepter sous prétexte de la création ?  Dans quelle mesure l'art peut-il déborder sur le réel ?  Et, sous entendu, n'est-ce pas le résultat d'une société américaine avide de sensation  ?

Immersion dans la folie


Parallèlement à cette thématique sociétale, Siri Hustvedt se penche sur les désordres psychologiques : hystérie, anorexie, psychopathie. Et ce, via le personnage de Violet, femme de Bill et chercheuse en sociologie. Une peinture fascinante grâce à des exemples d'individus victimes de ses troubles.

D'ailleurs, ce qui tient en haleine dans ce livre, c'est le cas Mark, fils de Bill. Ses petits mensonges et vols, a priori bénins, cachent en fait une personnalité dérangée et dangereuse. Jusqu'à la fin on se demande : de quel mal souffre-t-il ? Jusqu'où vont aller ses actes sordides ?

samedi 18 janvier 2014

Alex, de Pierre Lemaitre

Un thriller angoissant mené par une grande plume

 

L'auteur : De Travail soigné, à Sacrifices, en passant par Robe de mariée, Pierre Lemaitre s'est imposé comme un des grands noms du roman noir français. Il est lauréat du Prix Goncourt pour Au revoir là-haut, son dernier roman.

L'histoire : La jolie Alex se trouve enfermée, nue, dans une cage. Impossible de bouger, et des rats affamés rôdent. Mais qui lui veut du mal ? Et qui est-elle vraiment ? Personne ne semble la connaître. Pourtant, son passé devrait intéressé la police.

 Alex est élu Prix des lecteurs du Livre de poche - Polar 2012

Une grande performance...Alex possède les bons ingrédients du polar : suspense, ambiance angoissante, écriture vive. La belle plume de Pierre Lemaitre en plus. Un style jubilatoire. Du langage parler, qui interpelle sans cesse le lecteur : "Le genre de truc qui vous fait employer des grands mots" . De l'écriture littéraire. Les descriptions sont chiadées, le vocabulaire bien choisi. Beaucoup de digressions fort imaginatives.  Où va-t-il chercher tout ça ?
Pierre Lemaitre appréhende l'humain avec génie. Bien que l'héroïne soit une femme, il l'incarne avec une troublante vérité. On connaît ses peurs, ses désirs, ses douleurs.
Il se joue des défauts et manies. Les poussant à l'extrême. C'en est drôle. Camille, le commandant, est si petit, que ses pieds ne touchent pas terre lorsqu'il s'assoit.
Le jugement manichéen est évité.  Chacun a sa part d'ombre et de lumière. Les meurtriers sont monstrueux mais humanisés, parfois même victimisés. Les flics visent la justice mais pètent des câbles ou volent leur collègues. 
La fin est excellente et renversante. Plutôt digne des Ripoux que de Julie Lescaut.